Butembo : Savez-vous que le caméléon est important à la santé de l’homme ? CT Katumwa s’inquiète de la rareté de cet animal

Générale

Disparition progressive du caméléon en zone urbaine. Le Chef de Travaux KAKULE KATUMWA Jean-Pierre, enseignant à l’Université Officielle de Ruwenzori, UOR Butembo appelle la population à la reforestation et au plantage d’arbres afin de protéger et lutter contre la migration de cette espèce, aussi importante. Il a formulé cette exhortation au cours d’une interview accordée à Radio Elimu, la Voix de l’UOR, ce mardi 2 décembre 2025.  

A l’amorce, le Chef de Travaux  KAKULE KATUMWA Jean-Pierre a indiqué que le caméléon est une espèce appartenant au règne animal, à la classe de reptiles ayant la capacité de changer de couleur afin de se camoufler. 

Cet enseignant attaché au domaine des Sciences et Technologie à l’Université Officielle de Ruwenzori a fait savoir que c’est depuis plus de 30 ans que le caméléon est confronté à plusieurs obstacles.

Cet enseignant dans les filières de Biologie et d’Environnement a déclaré que l’urbanisation, la déforestation, le changement climatique, la pollution de l’air, de l’eau et du sol sont autant de facteurs favorisant la disparition de cette espèce animale en zone urbaine.

« Personnellement, j’avais vécu ici. A l’époque, on retrouvait beaucoup de caméléons sur les cyprès. Et il y a une trentaine d’années, les caméléons sont devenus rares. Alors la question qui se pose, pourquoi il y a disparition de ces caméléons ? Eh bien, d’entrée de jeu, le problème est simple. C’est que nous avons connu une urbanisation. Et cette urbanisation est consécutive à une déforestation. Et cette déforestation va arriver à un problème purement écologique qui est le changement climatique. Ce sont les causes. Or, nos caméléons ici sont des animaux qu’on appelle poids, kilo, thermo.  Tous les reptiles en général. C’est-à-dire, la température interne du corps de l’animal dépend de la température du milieu ambiant. Si on dépasse cette température-là, eh bien, l’animal ne saura plus supporter ce milieu-là. Il sera obligé de migrer vers le milieu où il va retrouver encore la température qui est au moins normale. Du fait qu’on a fait beaucoup de déforestations, les caméléons ne se retrouvent plus comme avant », explique le Chef de Travaux KAKULE KATUMWA Jean-Pierre.

Notre interlocuteur a souligné le caméléon incarne un rôle important dans communauté et pour la biodiversité. Pour le Chef de Travaux  KAKULE KATUMWA Jean-Pierre, ce reptile arboricole réduit tant soit peu la croissance accrue des insectes nuisibles à la santé de l’être humain.

Il a profité de cette occasion pour couper court aux mauvaises perceptions à l’égard de cette espèce en communauté.

« Comme ici chez nous, les gens ont peur d’abord du caméléon. On les voit, il faut les fouetter, il faut les chasser. Là, c’est grave. Il faut savoir que les gens ont des idées préconçues sur le caméléon. Les gens disent que non, on les utilise pour faire des poisons et ainsi de suite. Bon, là, c’est ce que les gens disent. Mais les caméléons sont aussi très importants pour notre biodiversité. Ils constituent un maillot de la chaîne alimentaire. Ils ont leurs prédateurs et aussi sont prédateurs d’autres insectes. Alors les insectes en soi prolifèrent vite. Alors si tous ces insectes n’avaient pas de prédateurs, où serions-nous maintenant ? Et nous savons qu’il y a des insectes aussi qui peuvent poser des maladies chez l’homme et chez les animaux aussi. Alors, le caméléon peut diminuer tant soit peu la prolifération exagérée des insectes. C’est important qu’on en trouve en ville donc ? Oui, c’est important qu’on puisse le trouver ici », poursuit notre interlocuteur.

Pour protéger et lutter contre la migration du caméléon en zone urbaine et en cette période de modernisation, ce chercheur préconise la reforestation, le reboisement et la végétalisation.

Le Chef de Travaux  KAKULE KATUMWA Jean-Pierre invite la population au plantage des arbres afin de produire de l’oxygène  et permettre la survie du caméléon.  

« Comment nous pouvons arriver à protéger le caméléon ? C’est d’abord la reforestation, c’est à dire rétablir la forêt et aussi faire le reboisement et la végétalisation. Par exemple, pour le cas des parcelles, à l’époque ici on avait des clôtures qui étaient à cyprès et on pouvait retrouver chaque matin des caméléons au-dessus de ces cyprès. Actuellement avec la modernisation, on n’utilise plus les cyprès comme enclos. On utilise maintenant les briques, soit les tôles. Mais je n’interdis pas de construire des clôtures. Non. Mais à l’intérieur de ces clôtures-là, il faut quand même mettre une petite végétation. C’est-à-dire, vous allez mettre des fleurs, vous pouvez planter des arbres, fruitiers d’abord. Au niveau de chaque coin, vous pouvez planter un eucalyptus pour que vous puissiez avoir de l’oxygène pur suite à la photosynthèse. Et aussi, quand on a la verdure dans la clôture, à ce moment-là, si nous avons nos amis caméléons, ils peuvent venir là-bas consommer des insectes et la vie continue. Et là, vous créez une harmonie au niveau de la nature », sensibilise le chercheur. 

Il sied de noter que le caméléon est un animal vulnérable qui passe sa vie  entre 2 à 5 ans au maximum. Cette espèce est un ovipare et un prédateur insectivore, utilisant une technique de chasse extrêmement efficace.

Sa langue extensible, projetée à une vitesse fulgurante, lui permet de capturer des proies situées parfois à plus du double de la longueur de son propres corps.

Victoire Pozite